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Photographier la banquise de la baie d’Ungava

La banquise de la baie d’Ungava

Certaines années la banquise de la baie d’Ungava omniprésente tout le mois de juillet et d’autres années, ce sont les Icebergs qui dominent le paysage marin. La banquise est mobile. Ses déplacements sont causés par les fortes marées et les vents. C’est donc dire qu’elle peut disparaître du paysage et réapparaître sans préavis. Avec un peu de chance, elle s’approche assez de la rive pour être atteinte en bateau. Il suffit d’une belle journée calme et le départ sonne pour une expédition au large avec la glace comme toute destination. Au programme, s’imprégner de l’ambiance blanche et vert émeraude des très nombreuses glaces submergées, vivre avec la faune particulière de la banquise et se laisser dériver au rythme du courant.

Phoques du Groënland

Les sternes arctiques seront probablement les premières à être remarquées.

La banquise attire beaucoup de faune même s’il n’y paraît pas vu de loin. Les sternes arctiques seront probablement les premières à être remarquées. Elles se perchent sur les glaces à l’affût d’un repas marin. Pas très farouches, elles s’envolent si on passe trop près, sinon elles restent juchées à poser pour les photographes que nous sommes. Tout autour, il y aura des guillemots à miroir, noirs et blancs l’été, blancs et noirs en hiver! Le ciel sera sillonné de quelques espèces de goélands et l’horizon sera occupé par des vols de canards, surtout des eiders à duvet.

Les sternes arctiques sont très présentes

Les pêcheurs de l’environnement de la banquise seront aussi présents; plongeons huards, plongeons catmarins et phoques du Groënland ou barbus ne devraient pas rater ce rendez-vous. Ils y sont la plupart du temps. D’autres, plus gros pourraient venir nous voir. Les rorquals à bosses, petits rorquals et bélugas fréquentent aussi le coin. Et là, il y en a un plus impressionnant que tous les autres, celui dont on doit se méfier, l’ours polaire! Il profite de la banquise pour se laisser flotter et approcher les phoques au repos. Il est possible d’en rencontrer à tout moment.

L’observation et la prise de photo de bout de banquise reste un moment très impressionnant

Tout ce spectacle rien que pour nous pendant que nous regardons et écoutons le bruit continuel des glaces qui s’entrechoquent et le chant des sternes. Le bateau amarré à une glace dérivante, nous prenons le temps de luncher et profitons de la glace pour garder le vin blanc au frais. Ce sera une journée physiquement facile et très riche en images de faune et de paysages. Les journées ensoleillées et sans vent ne sont pas monnaie courante. Quand il y en a une qui se présente, il ne faut pas la rater!

La nature rivalise d’audace pour nous offrir des scupltures éphémères

 

Le soleil de l’Ungava

Le soleil de l’Ungava offre une multitude d’opportunités

 

Le soleil de l’Ungava est sans conteste le soleil le plus particulier que je connaisse. Il ne dort que très peu et quand il se couche, en fait il ne fait que se préparer à se coucher puis se préparer à se lever.

En juillet, il n’y a pratiquement pas d’obscurité. Les rougeoyantes couleurs du coucher du soleil perdurent tant et aussi longtemps que l’astre ne se lève pas. Les deux phénomènes, le lever et le coucher, se mélangent. Le photographe qui veut perfectionner sa technique de photos de paysages aux couleurs de fin de journée aura tout le loisir de pratiquer.

On voit et on sent tous les changements de température et de luminosité.

Le campement d’Inukshuk Lodge à Black Point est situé aux abords de la baie d’Ungava. Tout juste à la limite de la ligne des hautes eaux. C’est donc dire que le soleil fait partie intégrante de tous les moments de la journée. Black Point aurait pu se nommer « Là où on voit loin ». Les phénomènes météorologiques sont par conséquent constamment présents. On voit et on sent tous les changements de température et de luminosité. Aussi la nature de Black Point est en mouvement perpétuel. Les marées les plus fortes de la planète changent le paysage en un mouvement fluide, constant et puissant. Le même point de vue permettra des prises de photos en mode « Timelapse » d’une richesse inouïe. L’image du champ de roches qui s’étend sur des centaines de mètres durant quelques heures, se changera plus tard en mer immense recouverte de la banquise ou de Icebergs.

Si on tourne la tête, c’est la toundra qui s’étend à perte de vue. Tantôt montagneuse, tantôt plane, elle sera grise, verte et blanche. Il faut dire qu’il subsiste des plaques de neige jusqu’en août! Le roc ancien fait quelques fois place à des milieux humides, des étangs ou des lacs. Ce paysage qui pourrait paraître monotone se trouve complètement illuminé et coloré dès que le soleil baisse sur l’horizon. À ce moment, le rose saumon, le rouge et l’orangé dominent. Il n’est alors pas possible de regarder ces lieux sans en être ému.

Un autre aspect non négligeable de l’ensoleillement particulier c’est que la lumière du matin tout comme la lumière de fin de journée, les deux meilleurs moments pour la photo, sont interminables. Le soleil se lève lentement et se couche tout aussi lentement. C’est donc dire que les meilleures heures de luminosité pour la photo durent assez longtemps pour faire de l’affût, faire des tests ou changer d’endroit. Le photographe n’est jamais pressé de faire sa photo à cause du court moment où la lumière est à son meilleur.

Photographier la faune de baie d’Ungava

Les avantages du début de la saison

Le début de saison est un moment propice pour observer la faune de la baie d’Ungava. Les insectes piqueurs sont encore sous forme de larves et toute la faune est occupée à la reproduction donc très active. Constituée en partie de migrateurs et de sédentaires, elle est abondante et diversifiée.  Évidemment les sédentaires ont le côté exotique qui fait la particularité de la région. On ne voit ces espèces que dans cette région. Les bêtes au pelage blanc, aux plumes blanches. Les bêtes qui adaptent leur couleur à leur environnement blanc dix mois par année. Mis à part ces dix mois blancs de neige, les deux qui restent sont vitaux pour toutes les espèces. Les mammifères mettent bas, les oeufs des oiseaux se développent et les poissons retournent à la mer. Tout ceci doit passer inaperçu sinon, c’est l’extinction. Dans un univers de pierres, de lichens et de mousses, les bêtes n’ont pas d’autre choix que de s’y fondre. Les renards blancs en hiver deviennent couleur de roches en été. Il en va de même pour les lièvres, les belettes et les lagopèdes. Ils se fondent parfaitement avec leur environnement et ceci, en même temps. La synchronisation est parfaite!

Les migrateurs eux se pressent de trouver un ou une partenaire et un lieu tranquille ou isolé pour fonder leur famille. J’ai bien écrit « isolé » mais il faut comprendre qu’une île rocheuse où les nids se touchent presque doit être considérée comme un endroit isolé et tranquille. Même si il a des milliers d’oiseaux sur cette île et que le bruit intense du piaillement remplit l’atmosphère, c’est un endroit où les prédateurs n’ont théoriquement pas accès. L’endroit est donc considéré comme isolé et tranquille.

Pour trouver la faune, la recherche, l’affût, les rencontres par hasard, tous les moyens sont bons! L’ingrédient essentiel est le temps.

Renard argenté sur la toundra

Ma technique de recherche, c’est le trekking pour trouver les terriers de renards, repères des ours, loups ou lièvres. Je note sur mon gps les endroits de mes rencontres et les lieux à fort potentiel et les endroits où j’ai repéré plusieurs pistes. J’observe aussi beaucoup pour tenter de comprendre leurs agissements. Sont-ils de passage seulement ou résident-ils dans les environs? Sont-ils en chasse? Et si oui, ils chassent quoi? Pour la faune ailée c’est la même chose mis à part les îles aux oiseaux et les falaises qui sont toujours les mêmes année après année. Ces longues journées d’observation se transforment en points sur une carte, puis en trajets. J’en fais un ou des trajets d’une journée qui relient les endroits où j’ai fait des rencontres ou bien où il y a un bon potentiel. Je prends aussi soin de laisser quelques espaces de temps pour l’exploration de nouveaux secteurs.

Renard arctique de retour au terrier

Le scénario parfait pour des photos de bêtes dans leur comportement naturel.

Pour peu qu’on soit bien équipé, la marche est relativement facile. Il faut contourner les terrains humides et rester sur le roc ou le gravier. Les journées sont longues, très longues (environ 20 heures) et on a le temps. Une fois un animal intéressant trouvé, on note les coordonnées sur un GPS pour y retourner plus tard ou pour partager notre trouvaille, puis un grand plaisir commence; l’observation!

Toutes les bêtes que j’ai croisées m’ont regardé avec curiosité, puis se sont remises à leur occupation première. Le scénario parfait pour des photos de bêtes dans leur comportement naturel. Même au terrier, le renard se fiche de la présence du photographe, en autant que ce dernier respecte une certaine distance. La faune de l’Ungava du printemps se prête très bien aux shootings photos.

Lièvre arctique qui profite des jeunes pousses vertes

Le printemps est aussi le moment où l’on découvre les signes de l’activité hivernale et printanière récente. Des ossements, des nids de lemmings, les plumes ou poils de la dernière mue, des coquilles d’œufs fraîchement éclos. La neige est encore présente par endroits. Des plaques blanches sur lesquelles il est généralement possible de marcher. Puis, le temps faisant son œuvre, apparaissent les premiers signes de croissance de la végétation. Je reviendrai ultérieurement dans un autre texte sur l’explosion florale particulière de ce coin de pays.

Ateliers photographiques thématiques

Étant donné l’immense potentiel photographique de la région de l’Ungava, Inukshuk lodge élargit ses activités pour proposer désormais des ateliers photographiques thématiques. Nous collaborons avec Yves Demers, photographe animalier et homme du Nord qui saura vous guider et vous accompagner dans vos expériences nordiques.
En 2018, nous avons travaillé sur la préparation des ateliers dont les thèmes sont animaux faune et flore, paysages de la baie d’Ungava.
Nous accueillons des groupes de six personnes. Niveau de base à expérimenté. Le territoire offre beaucoup pour inspirer les photographes, paysages, faune, flore, nuits sans lumière parasite, mer et icebergs.
Le séjour se déroule selon un horaire préétabli qui reste souple en tenant compte des conditions météorologiques et des opportunités qui se présentent.
Seront traités des sujets tels que : L’équipement, les techniques de base (ouverture, vitesse, sensibilité), les rafales, les longues expositions, la photo nocturne (survol), les filtres, l’arrière-plan, la mise au point, la balance des blancs, les mises en scène, la photo animalière, le post traitement: contraste, recadrage, netteté et couleurs.

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