Photographier la faune de baie d’Ungava

Photographier la faune de baie d’Ungava

Les avantages du début de la saison

Le début de saison est un moment propice pour observer la faune de la baie d’Ungava. Les insectes piqueurs sont encore sous forme de larves et toute la faune est occupée à la reproduction donc très active. Constituée en partie de migrateurs et de sédentaires, elle est abondante et diversifiée.  Évidemment les sédentaires ont le côté exotique qui fait la particularité de la région. On ne voit ces espèces que dans cette région. Les bêtes au pelage blanc, aux plumes blanches. Les bêtes qui adaptent leur couleur à leur environnement blanc dix mois par année. Mis à part ces dix mois blancs de neige, les deux qui restent sont vitaux pour toutes les espèces. Les mammifères mettent bas, les oeufs des oiseaux se développent et les poissons retournent à la mer. Tout ceci doit passer inaperçu sinon, c’est l’extinction. Dans un univers de pierres, de lichens et de mousses, les bêtes n’ont pas d’autre choix que de s’y fondre. Les renards blancs en hiver deviennent couleur de roches en été. Il en va de même pour les lièvres, les belettes et les lagopèdes. Ils se fondent parfaitement avec leur environnement et ceci, en même temps. La synchronisation est parfaite!

Les migrateurs eux se pressent de trouver un ou une partenaire et un lieu tranquille ou isolé pour fonder leur famille. J’ai bien écrit « isolé » mais il faut comprendre qu’une île rocheuse où les nids se touchent presque doit être considérée comme un endroit isolé et tranquille. Même si il a des milliers d’oiseaux sur cette île et que le bruit intense du piaillement remplit l’atmosphère, c’est un endroit où les prédateurs n’ont théoriquement pas accès. L’endroit est donc considéré comme isolé et tranquille.

Pour trouver la faune, la recherche, l’affût, les rencontres par hasard, tous les moyens sont bons! L’ingrédient essentiel est le temps.

Renard argenté sur la toundra

Ma technique de recherche, c’est le trekking pour trouver les terriers de renards, repères des ours, loups ou lièvres. Je note sur mon gps les endroits de mes rencontres et les lieux à fort potentiel et les endroits où j’ai repéré plusieurs pistes. J’observe aussi beaucoup pour tenter de comprendre leurs agissements. Sont-ils de passage seulement ou résident-ils dans les environs? Sont-ils en chasse? Et si oui, ils chassent quoi? Pour la faune ailée c’est la même chose mis à part les îles aux oiseaux et les falaises qui sont toujours les mêmes année après année. Ces longues journées d’observation se transforment en points sur une carte, puis en trajets. J’en fais un ou des trajets d’une journée qui relient les endroits où j’ai fait des rencontres ou bien où il y a un bon potentiel. Je prends aussi soin de laisser quelques espaces de temps pour l’exploration de nouveaux secteurs.

Renard arctique de retour au terrier

Le scénario parfait pour des photos de bêtes dans leur comportement naturel.

Pour peu qu’on soit bien équipé, la marche est relativement facile. Il faut contourner les terrains humides et rester sur le roc ou le gravier. Les journées sont longues, très longues (environ 20 heures) et on a le temps. Une fois un animal intéressant trouvé, on note les coordonnées sur un GPS pour y retourner plus tard ou pour partager notre trouvaille, puis un grand plaisir commence; l’observation!

Toutes les bêtes que j’ai croisées m’ont regardé avec curiosité, puis se sont remises à leur occupation première. Le scénario parfait pour des photos de bêtes dans leur comportement naturel. Même au terrier, le renard se fiche de la présence du photographe, en autant que ce dernier respecte une certaine distance. La faune de l’Ungava du printemps se prête très bien aux shootings photos.

Lièvre arctique qui profite des jeunes pousses vertes

Le printemps est aussi le moment où l’on découvre les signes de l’activité hivernale et printanière récente. Des ossements, des nids de lemmings, les plumes ou poils de la dernière mue, des coquilles d’œufs fraîchement éclos. La neige est encore présente par endroits. Des plaques blanches sur lesquelles il est généralement possible de marcher. Puis, le temps faisant son œuvre, apparaissent les premiers signes de croissance de la végétation. Je reviendrai ultérieurement dans un autre texte sur l’explosion florale particulière de ce coin de pays.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :